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    Question d'oral

    Le mouvement moderne est-il responsable de l'échec des grands ensembles ?

    Réponse d'oral

    Le mouvement moderne porte une part de responsabilité dans l’échec de certains grands ensembles, mais il n’en est pas la seule cause. Le Corbusier et le Bauhaus défendent une architecture adaptée à la vie moderne : logements lumineux, matériaux industriels, espaces organisés selon leur usage. La « machine à habiter » de Le Corbusier ne désigne donc pas une prison de béton, mais un logement efficace, confortable et accessible. Après 1945, ces principes permettent de construire rapidement face à la pénurie. Pour beaucoup de familles, un appartement avec salle de bains et chauffage représente alors un progrès considérable.
    Cependant, certaines idées modernes ont favorisé des difficultés : séparation entre logements, commerces et emplois, priorité à l’automobile, grands espaces vides parfois peu accueillants. Répétées à grande échelle et réduites par les contraintes budgétaires, elles peuvent produire des quartiers isolés. Mais il faut distinguer le projet architectural de sa réalisation politique et économique. À Sarcelles, où la construction du grand ensemble commence en 1955, les logements arrivent avant une partie des équipements attendus. Plus tard, chômage, concentration de la pauvreté, discriminations et manque d’entretien aggravent les problèmes. La forme des bâtiments n’explique pas, à elle seule, cette évolution.
    Parler d’un échec général serait donc excessif. La Cité radieuse de Marseille, achevée par Le Corbusier en 1952, reste habitée et appréciée, avec ses commerces et son toit-terrasse collectif. La réussite dépend aussi des services, des transports et de la place donnée aux habitants. La question devient alors : comment construire non seulement des logements, mais aussi des quartiers où chacun peut trouver sa place ?