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    Question d'oral

    Pourquoi le cas He Jiankui a-t-il été unanimement condamné ?

    Réponse d'oral

    Le cas He Jiankui a été largement condamné parce qu’il a utilisé la technologie génétique pour faire naître des enfants au génome modifié, sans nécessité médicale suffisante ni garanties de sécurité, en franchissant une limite éthique majeure. En novembre 2018, ce chercheur chinois annonce la naissance de deux jumelles, surnommées Lulu et Nana. Il avait modifié des embryons avec CRISPR-Cas9, afin d’altérer le gène CCR5 et de rendre les enfants moins vulnérables au VIH. Mais cette protection était incertaine, et des moyens éprouvés permettaient déjà de prévenir la transmission du virus lors d’un projet parental.
    Le problème central est celui des modifications héréditaires : contrairement à une thérapie qui traite uniquement le malade, une intervention sur l’embryon peut toucher les générations suivantes. Or, les conséquences étaient mal connues : modifications involontaires de l’ADN, effets imprévus sur la santé, efficacité incertaine. Les enfants étaient donc exposées à des risques durables sans bénéfice médical clairement établi. À cela s’ajoutaient un consentement éclairé des parents contesté et un contournement des règles de contrôle. En décembre 2019, He Jiankui a été condamné en Chine à trois ans de prison pour pratique médicale illégale.
    Parler de condamnation « unanime » simplifie toutefois la réalité : le rejet a été très large, sans supprimer tout débat sur les usages futurs de l’édition génétique. Ce scandale ne signifie pas que toute thérapie génique est illégitime. Il rappelle que la responsabilité scientifique impose de distinguer possibilité technique et justification médicale. Jusqu’où transformer le vivant pour protéger la santé sans imposer aux générations futures des risques qu’elles n’ont pas choisis ?