Retour à la fiche
    Question d'oral

    Quels sont les neuromythes les plus répandus ?

    Réponse d'oral

    Les neuromythes les plus répandus sont l’idée que nous utilisons seulement 10 % de notre cerveau, que chacun serait « cerveau droit » ou « cerveau gauche », et que l’apprentissage dépendrait d’un profil visuel ou auditif. Ces croyances donnent des explications simples, mais trompeuses. Nous mobilisons de nombreuses régions cérébrales au fil de la journée, même au repos : les 90 % inutilisés n’existent pas. Certaines fonctions sont davantage associées à un hémisphère, comme le langage, souvent à gauche. Mais la créativité et le raisonnement reposent sur des réseaux qui travaillent ensemble.
    Autre mythe : il faudrait enseigner à chacun selon son style d’apprentissage, visuel, auditif ou moteur. On peut préférer écouter plutôt que lire, sans apprendre mieux lorsque l’enseignement suit cette préférence. Pour retenir vingt mots d’anglais, mieux vaut espacer les révisions et essayer de les retrouver sans regarder la réponse. L’idée que tout serait joué avant trois ans est également fausse. La plasticité cérébrale continue à l’âge adulte, même si certains apprentissages sont plus faciles pendant l’enfance. Cela ne signifie pas pour autant que le cerveau puisse tout réparer ou tout apprendre sans limites.
    Enfin, une mémoire fidèle comme une caméra est une illusion : chaque souvenir peut être reconstruit et modifié. Une émotion forte rend parfois un événement très marquant, mais ne garantit pas son exactitude. De même, une image d’IRM fonctionnelle ne permet pas de lire directement les pensées : elle mesure indirectement l’activité cérébrale. Le vrai progrès consiste donc aussi à reconnaître ce que les neurosciences ne prouvent pas. Pourquoi les explications les plus séduisantes du cerveau sont-elles parfois celles que nous vérifions le moins ?