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    Question d'oral

    Qu'est-ce que le paradoxe du passager clandestin d'Olson et comment le dépasse-t-on ?

    Réponse d'oral

    Le paradoxe du passager clandestin d’Olson explique pourquoi des individus ayant un intérêt commun peuvent ne pas se mobiliser ensemble : chacun préfère laisser les autres agir et profiter du résultat sans en payer le coût. Dans La Logique de l’action collective, publiée en 1965, Mancur Olson montre ainsi qu’une cause avantageuse pour tous ne suffit pas à déclencher l’engagement. Prenons une grève pour une hausse générale des salaires. Faire grève coûte des journées de paie, alors que l’augmentation obtenue peut aussi bénéficier aux non-grévistes. Si chacun raisonne ainsi, personne ne se mobilise et tous perdent le bénéfice espéré.
    Comment dépasser ce blocage ? Olson insiste sur les incitations sélectives : des avantages réservés aux participants, comme une assistance juridique syndicale, ou des sanctions visant ceux qui restent à l’écart. Dans les petits groupes, la contribution de chacun est également plus visible. Les relations personnelles et la pression du groupe peuvent donc favoriser la participation.
    Mais l’engagement ne relève pas seulement d’un calcul financier. Les rétributions du militantisme, étudiées par Daniel Gaxie, comprennent les amitiés, la reconnaissance et le sentiment d’être utile. La colère, l’indignation et l’attachement à une cause comptent aussi. À partir de novembre 2018, les ronds-points des gilets jaunes ont notamment créé des lieux de rencontre qui entretenaient la mobilisation. Avec MeToo, la multiplication des témoignages a pu rendre la prise de parole moins isolée. Dépasser le paradoxe consiste donc aussi à comprendre comment un intérêt commun devient une expérience partagée : l’engagement transforme-t-il autant les personnes que la société ?