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    Question d'oral

    Comment articuler droit international humanitaire et réalités militaires dans les guerres urbaines (protection des civils) ?

    Réponse d'oral

    Articuler droit international humanitaire et réalités militaires dans les guerres urbaines, c’est imposer la protection des civils comme une obligation dans la conduite des combats, et non comme un objectif secondaire. En ville, soldats et habitants partagent souvent les mêmes espaces : immeubles, rues, réseaux d’eau ou hôpitaux. Cette proximité rend les opérations difficiles, mais ne suspend pas le droit. Trois règles restent essentielles : distinguer civils et combattants, respecter la proportionnalité et prendre toutes les précautions pratiquement possibles pour réduire les dommages.
    Concrètement, une cible militaire ne peut pas être attaquée à n’importe quel prix. La proportionnalité interdit une frappe dont les dommages civils prévisibles seraient excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu. Ce n’est donc pas une comparaison entre les pertes des deux camps. Lors de la bataille de Mossoul, en Irak, en 2016-2017, la présence de civils piégés par l’organisation État islamique a montré cette difficulté. L’utilisation de boucliers humains est interdite, mais elle ne libère jamais l’attaquant de ses propres obligations.
    Protéger les habitants suppose donc un renseignement fiable, des armes et des horaires adaptés, voire le report ou l’annulation d’une attaque. Un avertissement ne suffit pas si les personnes ne disposent d’aucun refuge accessible. Il faut aussi faciliter l’aide humanitaire et préserver les infrastructures indispensables à la survie. Enfin, enquêter sur les violations permet de rendre ces règles crédibles. La réussite militaire peut-elle être durable si elle détruit les conditions de vie de la population qu’elle prétend protéger ?