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    Question d'oral

    Gilgamesh : qu’apprend le héros sur l’immortalité et sur la mémoire (œuvre, ville, récit) ?

    Réponse d'oral

    Dans l’Épopée de Gilgamesh, le héros apprend que l’immortalité lui échappe, mais que la mémoire peut survivre grâce à une œuvre, à une ville et à un récit. Roi d’Uruk, en Mésopotamie, Gilgamesh est bouleversé par la mort de son ami Enkidu. Il comprend alors qu’il mourra lui aussi. Il part chercher Uta-napishti, survivant du Déluge auquel les dieux ont exceptionnellement accordé la vie éternelle. Mais ce privilège ne constitue pas une promesse pour tous les hommes. Gilgamesh échoue même à résister au sommeil : comment pourrait-il vaincre la mort s’il ne maîtrise pas cette expérience quotidienne ?
    Il obtient pourtant une plante capable de rendre la jeunesse, sans garantir pour autant l’immortalité. Un serpent la dérobe pendant qu’il se baigne. Cette perte achève son apprentissage : aucune prouesse ne permet d’abolir la condition humaine. À son retour, le regard se déplace vers les remparts d’Uruk, que le récit invite à admirer. La ville devient le signe d’une durée collective. Un homme disparaît, mais ses réalisations peuvent demeurer et servir ceux qui lui succèdent.
    L’œuvre désigne donc à la fois ce que le roi bâtit et l’épopée qui transmet son expérience. Conservée sur des tablettes d’argile, notamment dans la bibliothèque d’Assurbanipal à Ninive au VIIe siècle avant notre ère, elle fait encore connaître son nom. Cette survie symbolique ne supprime ni la mort ni le deuil : elle donne une autre portée à une vie limitée. Reste à se demander si l’essentiel est de laisser son nom ou de laisser aux autres quelque chose qui les aide à vivre.