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    Question d'oral

    Les procès de Flaubert (1857) ou de Baudelaire (1857) montrent-ils que la littérature est dangereuse ? Pour qui, et pourquoi ?

    Réponse d'oral

    Les procès de Flaubert et de Baudelaire, en 1857, montrent que la littérature peut être jugée dangereuse pour l’ordre moral et politique, sans être pour autant un danger pour ses lecteurs. Sous le Second Empire, les autorités poursuivent les deux écrivains pour outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs. Flaubert est acquitté le 7 février pour Madame Bovary. Baudelaire est condamné le 20 août pour Les Fleurs du mal : six poèmes sont interdits. Ces décisions différentes révèlent une même inquiétude : un livre peut-il représenter le désir, l’adultère ou le mal sans les condamner explicitement ?
    Dans Madame Bovary, Emma cherche dans l’amour et la consommation une échappatoire à son existence. Flaubert ne transforme pas son roman en sermon : il laisse apparaître les illusions de son héroïne, mais aussi la médiocrité du monde qui l’entoure. Cette liberté du lecteur inquiète les défenseurs de la morale. Chez Baudelaire, le scandale vient notamment de la place donnée à la sensualité et à des amours alors réprouvées. La poésie fait entrer dans le beau ce que la société voudrait tenir hors du regard.
    La littérature menace donc surtout ceux qui veulent imposer une seule manière de vivre et de juger. Cela ne signifie pas qu’elle soit sans effets : elle peut troubler, séduire ou banaliser certains comportements. Mais représenter n’est pas approuver. Ces procès mettent aussi les auteurs en danger, financièrement et artistiquement, par la censure. La question reste ouverte : protéger une société, est-ce lui éviter les œuvres qui dérangent ou lui apprendre à les discuter ?