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    Question d'oral

    Mise en scène : où placer la limite entre lecture contemporaine et contresens historique ? Donnez un exemple.

    Réponse d'oral

    La limite entre lecture contemporaine et contresens historique, dans la mise en scène d’un opéra ou d’une comédie musicale, se situe moins dans les costumes que dans le respect des enjeux de l’œuvre. Déplacer une intrigue dans notre époque peut éclairer un conflit ancien. En revanche, effacer les rapports sociaux ou les contraintes qui expliquent les actes des personnages peut rendre l’histoire incohérente. La fidélité ne consiste donc pas forcément à reproduire le décor d’origine : elle suppose de comprendre ce qui fait agir les personnages et ce que la musique exprime.
    Prenons Les Noces de Figaro de Mozart, créé en 1786. Le comte Almaviva cherche à obtenir les faveurs de Suzanne, qui doit épouser Figaro, son domestique. Transposer l’action dans une grande entreprise, avec un dirigeant qui exerce une pression sexuelle sur une salariée, peut rendre très lisible cet abus de pouvoir. Les costumes modernes ne trahissent pas nécessairement Mozart : ils donnent une forme actuelle à une domination sociale. En revanche, présenter le comte comme un simple amoureux contrarié, sans montrer son pouvoir sur Suzanne, ferait disparaître une tension essentielle de l’œuvre.
    Le bon critère est donc la cohérence dramaturgique : la nouvelle lecture explique-t-elle les paroles, les situations et la musique, ou doit-elle constamment les contredire ? Une mise en scène peut prendre des libertés, même provocantes, à condition de ne pas faire passer son invention pour une vérité historique. Reste alors une question : jusqu’où transformer une œuvre pour qu’elle continue à nous parler ?