Retour à la fiche
    Question d'oral

    Qu'est-ce que la « voie ASEAN » et quelles sont ses limites ?

    Réponse d'oral

    La « voie ASEAN » est une manière de coopérer entre États d’Asie du Sud-Est fondée sur le consensus, la non-ingérence et le dialogue informel ; ses limites sont la lenteur des décisions et la difficulté à agir face aux crises. Créée en 1967, l’ASEAN rassemble des pays très différents par leur régime politique, leur richesse et leur histoire. Pour préserver leur souveraineté, ses membres évitent de s’imposer mutuellement des choix. Le consensus signifie qu’une décision commune est recherchée sans opposition déclarée. La non-ingérence consiste à ne pas intervenir dans les affaires intérieures d’un autre État. Cette méthode rassure les gouvernements et permet de maintenir le dialogue malgré leurs désaccords.
    Cette souplesse a favorisé la coopération économique et contribué à limiter les tensions entre voisins. Mais son revers est important : la recherche de l’accord de tous pousse souvent au plus petit dénominateur commun. La crise birmane l’illustre clairement. Après le coup d’État militaire du 1er février 2021, l’ASEAN a adopté, en avril, un consensus en cinq points prévoyant notamment l’arrêt des violences et un dialogue entre les parties. Pourtant, son application est restée largement bloquée, faute de moyens de contrainte suffisants et de volonté commune.
    Les divisions apparaissent aussi face à la Chine, notamment dans les différends en mer de Chine méridionale : les intérêts économiques et stratégiques des membres ne coïncident pas. La voie ASEAN protège donc l’unité du groupe, parfois au prix de son efficacité. Jusqu’où peut-on préserver la souveraineté de chacun sans affaiblir la capacité d’agir ensemble ?