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Question d'oral
Pourquoi la France a-t-elle quitté puis réintégré le commandement intégré ?
Réponse d'oral
La France a quitté le commandement intégré de l’OTAN en 1966 pour préserver son indépendance militaire, puis l’a réintégré en 2009 pour peser davantage sur les décisions de l’Alliance. Il faut distinguer deux choses : participer à l’Alliance atlantique et placer des forces dans son organisation militaire permanente. En 1966, le général de Gaulle refuse que la défense française dépende trop des États-Unis. Il veut conserver la maîtrise de l’engagement des soldats français et de la dissuasion nucléaire, devenue opérationnelle dans les années 1960. Il demande donc le départ des quartiers généraux et des forces alliées stationnés en France. Le siège de l’OTAN quitte ainsi Paris pour Bruxelles en 1967. Mais la France reste membre de l’Alliance et demeure engagée par la défense collective prévue à l’article 5.Le retour se fait progressivement. Après la guerre froide, la France participe aux opérations de l’OTAN, notamment dans les Balkans, tout en restant à l’écart de certaines structures de commandement. Nicolas Sarkozy officialise la réintégration en 2009. Son argument est simple : puisque la France contribue aux opérations, elle doit aussi pouvoir davantage participer à leur préparation et accéder aux postes de responsabilité. Elle obtient notamment la direction du commandement chargé de la transformation militaire de l’Alliance, à Norfolk. Ce retour ne signifie pas l’abandon de toute autonomie stratégique : la France conserve une dissuasion indépendante et ne rejoint pas le Groupe des plans nucléaires. Face à la guerre en Ukraine et aux incertitudes liées à Donald Trump, la question reste ouverte : comment renforcer la solidarité atlantique sans rendre la défense européenne trop dépendante de Washington ?
