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    Question d'oral

    La mode française peut-elle vivre sans industrie textile ?

    Réponse d'oral

    La mode française peut difficilement vivre sans industrie textile, même si elle peut créer et vendre des vêtements fabriqués ailleurs. Il faut distinguer deux choses : le prestige des marques et la capacité à produire. Paris conserve une force exceptionnelle grâce à ses maisons, ses écoles et ses Fashion Weeks. Mais un défilé ne suffit pas à fabriquer un tissu, à maîtriser une teinture ou à assembler une collection. Sans usines ni fournisseurs proches, la création dépend davantage de compétences et de décisions étrangères.
    Le luxe montre justement que le savoir-faire reste essentiel. En 2021, Chanel a inauguré le 19M, à la limite de Paris et d’Aubervilliers, pour réunir plusieurs maisons de métiers d’art, dont le brodeur Lesage. Ce lieu illustre l’intérêt de rapprocher artisans et créateurs : une idée peut être testée, corrigée et transformée en pièce exceptionnelle. Toutefois, ces ateliers prestigieux ne remplacent pas toute une chaîne industrielle. Il faut aussi des filatures, des tissages et des entreprises de confection. Une robe brodée a d’abord besoin d’une étoffe.
    L’enjeu n’est donc pas de tout produire en France, mais de préserver une capacité industrielle suffisante pour innover, former et limiter les dépendances. Cela suppose d’investir dans les machines, les compétences et le recyclage, tout en acceptant que produire localement coûte souvent plus cher. Face à la concurrence mondiale, la mode française ne peut pas seulement vendre une image : elle doit garder les moyens de la concrétiser. Paris restera-t-elle capitale de la mode si elle ne sait plus fabriquer ce qu’elle imagine ?