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Question d'oral
Épicure : en quoi sa théorie du plaisir n’est-elle pas une invitation à l’excès ?
Réponse d'oral
La théorie du plaisir d’Épicure n’est pas une invitation à l’excès, car elle vise un bonheur durable fondé sur la modération, et non sur l’accumulation des jouissances. Pour ce philosophe grec, qui fonde son école à Athènes en 306 av. J.-C., le plaisir consiste d’abord à ne pas souffrir dans son corps et à ne pas être troublé dans son esprit. Cette tranquillité intérieure s’appelle l’ataraxie. Un banquet somptueux peut être agréable, mais s’il provoque une indigestion ou rend incapable d’apprécier un repas simple, il éloigne du bonheur recherché.Épicure propose donc de faire le tri des désirs. Certains sont naturels et nécessaires, comme boire quand on a soif ou manger quand on a faim. D’autres sont naturels sans être nécessaires, comme rechercher des mets raffinés. D’autres encore, comme la gloire ou une richesse sans limite, naissent d’opinions trompeuses et risquent de nous rendre toujours insatisfaits. Il ne condamne pas tout luxe : il invite à pouvoir s’en passer. L’amitié, une nourriture simple et la réflexion offrent ainsi des plaisirs solides, sans créer une dépendance permanente.La sagesse consiste alors à évaluer les conséquences de ses choix. Tout plaisir ne mérite pas d’être poursuivi, et certaines douleurs peuvent être acceptées si elles permettent un bien plus grand. L’épicurisme défend donc une liberté face aux désirs, plutôt qu’une vie de privations. Dans une société qui pousse à consommer toujours davantage, cette recherche du « suffisant » ne devient-elle pas une véritable forme d’indépendance ?
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