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    Question d'oral

    Vertu et bonheur : dépend-on plus de soi ou du monde extérieur ? Comparez deux écoles.

    Réponse d'oral

    Pour le stoïcisme et l’épicurisme, la vertu et le bonheur dépendent davantage de soi que du monde extérieur, mais ces deux écoles ne donnent pas le même rôle aux circonstances. Pour les stoïciens, la vertu est le seul véritable bien : agir avec justice, courage et raison suffit à être heureux. La santé, la richesse ou la réputation peuvent être préférables, mais elles ne rendent pas une personne meilleure. Épictète, ancien esclave devenu philosophe au Ier siècle après J.-C., distingue ainsi ce qui dépend de nous, comme nos jugements et nos choix, de ce qui nous échappe. Face à une insulte, par exemple, nous ne maîtrisons pas les paroles d’autrui, mais nous pouvons travailler notre réaction.
    L’épicurisme vise plutôt une vie de plaisir, compris comme l’absence de douleur physique et de trouble de l’âme. La vertu reste indispensable, car la prudence permet de choisir les plaisirs qui ne produisent pas davantage de souffrance ensuite. Mais le bonheur exige aussi certaines conditions extérieures : manger, être en sécurité, avoir des amis. Épicure recommande donc de limiter ses désirs aux besoins simples. Un repas modeste partagé avec des proches peut rendre plus heureux qu’un banquet recherché pour impressionner.
    La différence est nette : le stoïcisme cherche à rendre le bonheur indépendant de la fortune ; l’épicurisme réduit notre dépendance au monde sans prétendre la supprimer. Les deux proposent une manière de vivre, fondée sur un travail quotidien de nos désirs et de nos jugements. Reste à savoir jusqu’où ce travail sur soi peut résister à la maladie, à la misère ou à l’injustice.