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Question d'oral
En quoi l’existentialisme (Sartre, Beauvoir) change-t-il la manière de parler de liberté ?
Réponse d'oral
L’existentialisme de Sartre et de Beauvoir change la manière de parler de liberté : elle n’est plus seulement un droit ou une idée, mais une liberté en situation, exercée dans des conditions que nous n’avons pas choisies. Pour Sartre, « l’existence précède l’essence » : nous ne naissons pas avec une nature qui fixerait notre destin. Nous nous construisons par nos actes. Dans sa conférence de 1945, L’existentialisme est un humanisme, il affirme que l’homme est « condamné à être libre ». Cela signifie que nous devons choisir, même sans certitude. Ne pas décider reste une manière de décider.Cette liberté entraîne une responsabilité : nous ne pouvons pas toujours nous abriter derrière notre caractère, notre fonction ou les habitudes. Sartre appelle mauvaise foi le fait de se présenter comme une chose incapable de changer : « Je suis comme cela, je n’y peux rien. » Mais être libre ne signifie pas pouvoir tout obtenir. Un prisonnier ne peut pas simplement décider de sortir. Il reste pourtant, pour Sartre, un sujet qui donne un sens à sa situation et prend position face à elle.Beauvoir insiste sur les obstacles sociaux qui limitent les possibilités réelles d’agir. Dans Le Deuxième Sexe, publié en 1949, « On ne naît pas femme : on le devient » montre comment l’éducation et les normes façonnent les existences féminines. La liberté demande donc aussi des conditions concrètes : instruction, autonomie économique, droits. L’enjeu n’est plus seulement de choisir personnellement, mais de rendre la liberté accessible aux autres. À quoi servirait de proclamer chacun libre si certains n’avaient presque aucun moyen de l’être ?
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