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    Question d'oral

    Empirisme : qu’est-ce que cela change de dire que nos idées viennent de l’expérience ?

    Réponse d'oral

    Dire, avec l’empirisme, que nos idées viennent de l’expérience change notre manière de comprendre la connaissance : nous ne naissons pas avec des vérités déjà inscrites dans l’esprit, nous apprenons au contact du monde. Dans son Essai sur l’entendement humain, publié en 1690, Locke compare ainsi l’esprit à une page blanche. Nos idées viennent des sensations, mais aussi de l’observation de nos propres opérations mentales, comme penser ou vouloir. Par exemple, connaître le goût du citron suppose de l’avoir goûté : une définition ne remplace pas cette expérience.
    Cela change ensuite la façon de justifier un savoir. Une idée ne devient pas vraie simplement parce qu’elle paraît logique ou qu’une autorité l’affirme. Il faut examiner sur quelles observations elle repose. Cette démarche encourage l’enquête et l’expérimentation. Mais elle impose aussi une limite : avoir observé plusieurs fois un phénomène ne prouve pas qu’il se reproduira toujours. Hume souligne ainsi que nous attendons certains effets par habitude. Voir chaque jour le soleil se lever nous conduit à attendre son retour demain, sans en faire une certitude logique.
    Enfin, l’empirisme donne une grande importance à l’éducation et au milieu dans lequel chacun grandit. Si nos idées se construisent, les expériences proposées aux enfants comptent beaucoup. Cela ne signifie pas que l’esprit reste passif : il compare, associe et transforme ce qu’il reçoit. Reste alors une question : si l’expérience nourrit nos idées, suffit-elle à expliquer notre capacité à inventer ce que nous n’avons jamais rencontré ?