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    Question d'oral

    Qu’est-ce qu’un alexandrin, et pourquoi cette forme a-t-elle dominé si longtemps en français ?

    Réponse d'oral

    Un alexandrin est un vers de douze syllabes, qui a longtemps dominé la poésie française grâce à son équilibre, à sa souplesse et au prestige des œuvres qui l’ont employé. Dans sa forme classique, il se partage en deux groupes de six syllabes, les hémistiches, séparés par une césure. Ce découpage donne au vers une respiration facile à reconnaître. Le compte suit toutefois des règles particulières : le « e » muet peut compter devant une consonne, mais pas devant une voyelle ni en fin de vers. Chez Racine, dans Phèdre (1677), « La fille de Minos et de Pasiphaé » offre ainsi deux moitiés de six syllabes.
    Son nom vient du Roman d’Alexandre, récit médiéval dont une version du XIIe siècle utilise ce mètre. Mais sa domination s’affirme surtout à partir du XVIe siècle, puis avec le théâtre classique du XVIIe siècle. Pourquoi ce succès ? Douze syllabes donnent assez de place pour développer une idée, exprimer une passion ou opposer deux arguments. La structure en deux moitiés permet des effets de symétrie particulièrement frappants. Le succès de Corneille et de Racine, puis leur place dans l’enseignement, renforcent durablement son autorité.
    L’alexandrin n’est pourtant pas une cage immuable. Au XIXe siècle, les romantiques, notamment Hugo, déplacent les pauses et bousculent son rythme. Sa longévité tient donc aussi à sa capacité de transformation. Une forme héritée ne devient-elle pas vraiment vivante lorsque les poètes trouvent comment la surprendre ?