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    Question d'oral

    La concentration des médias menace-t-elle nécessairement le pluralisme ? Discutez avec nuance.

    Réponse d'oral

    La concentration des médias ne menace pas nécessairement le pluralisme, mais elle augmente le risque de voir quelques propriétaires peser sur les informations et les opinions accessibles au public. Le pluralisme ne se mesure pas seulement au nombre de journaux disponibles : il suppose aussi une diversité réelle des enquêtes, des points de vue et des sujets traités. Dix titres appartenant au même groupe peuvent conserver des identités distinctes. À l’inverse, plusieurs journaux indépendants peuvent reprendre les mêmes dépêches et proposer des regards très proches.
    La concentration peut d’abord aider une presse écrite fragilisée par la baisse des ventes et la concurrence publicitaire des plateformes. Un groupe solide peut financer des correspondants à l’étranger, des enquêtes longues ou une transition numérique coûteuse. Mais cette puissance économique devient préoccupante lorsque le propriétaire possède aussi des entreprises dépendant de contrats publics. Le risque est alors la pression directe, ou l’autocensure des journalistes. En 2023, la nomination de Geoffroy Lejeune à la direction du Journal du dimanche, dans le contexte de la prise de contrôle de Lagardère par Vivendi, a provoqué une grève d’environ quarante jours : un exemple concret de conflit autour de l’orientation d’un titre.
    L’enjeu est donc moins d’interdire toute concentration que de garantir l’indépendance des rédactions : transparence sur les propriétaires, protections internes et contrôle des rapprochements. La loi du 29 juillet 1881 protège la liberté de publication, mais cette liberté juridique ne suffit pas à assurer une diversité effective. Reste une question essentielle : comment rendre économiquement viables des voix vraiment différentes ?