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Question d'oral
Quels sont les refus célèbres et que signifient-ils ?
Réponse d'oral
Les refus célèbres de prix et distinctions servent à défendre une liberté personnelle, à contester une institution ou à dénoncer une injustice. En 1964, Jean-Paul Sartre refuse le prix Nobel de littérature. Il explique qu’un écrivain ne doit pas se laisser transformer en institution. Il ne rejette donc pas seulement une récompense : il refuse que son nom soit associé à une autorité susceptible d’influencer la réception de ses idées. Son geste pose une question simple : peut-on honorer un créateur sans l’enfermer dans une image officielle ?D’autres refus deviennent des actes de protestation politique. En 1973, Marlon Brando refuse l’Oscar du meilleur acteur pour Le Parrain. À sa place, Sacheen Littlefeather intervient lors de la cérémonie pour dénoncer le traitement des Amérindiens par le cinéma américain. La récompense devient alors une tribune. La même année, le dirigeant nord-vietnamien Lê Đức Thọ refuse le Nobel de la paix, attribué conjointement avec Henry Kissinger, car la paix n’est pas réellement établie au Vietnam. Accepter aurait, selon lui, donné une image trompeuse de la situation.Mais tous les refus ne sont pas libres. En 1958, Boris Pasternak accepte d’abord le Nobel de littérature, puis y renonce sous la pression des autorités soviétiques, hostiles à son roman Le Docteur Jivago. Il faut donc distinguer le refus choisi du refus imposé. Ces gestes révèlent que les distinctions ne mesurent pas seulement le talent : elles engagent aussi des valeurs, des pouvoirs et une réputation. Une récompense honore-t-elle toujours davantage que la liberté de la refuser ?
