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Question d'oral
Peut-on parler d'addiction aux réseaux sociaux ?
Réponse d'oral
On peut parler d’addiction aux réseaux sociaux dans le langage courant, mais, en psychologie, on préfère parler d’usage problématique, car son statut de maladie reste débattu. Passer beaucoup de temps sur Instagram ou TikTok ne suffit pas à établir une addiction. Ce qui compte, c’est surtout la perte de contrôle et les conséquences : ne plus réussir à s’arrêter, négliger son sommeil, ses études ou ses relations, et continuer malgré ces difficultés. En 2019, l’OMS a reconnu le trouble du jeu vidéo dans sa classification internationale des maladies, mais pas une addiction spécifique aux réseaux sociaux.Ces plateformes peuvent pourtant encourager des comportements compulsifs. Leur modèle repose sur l’économie de l’attention : plus les utilisateurs restent, plus elles peuvent leur montrer des publicités. Le défilement infini supprime les pauses naturelles. Les notifications invitent à revenir. Les likes et les messages apportent des récompenses imprévisibles : c’est le renforcement intermittent. Par exemple, un lycéen qui consulte son téléphone à chaque vibration pendant ses révisions fragmente son attention. S’il attend ensuite des réactions à une publication jusque tard dans la nuit, son sommeil peut en souffrir.Il faut cependant éviter de tout attribuer aux écrans. L’anxiété ou la solitude peuvent favoriser un usage excessif, autant que certains usages peuvent les aggraver. Les réseaux permettent aussi de garder des liens et de trouver du soutien. L’enjeu n’est donc pas seulement de compter les heures, mais d’observer ce que l’usage fait à la vie quotidienne. Et si la prévention consistait autant à transformer les plateformes qu’à demander aux jeunes de se contrôler ?
