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    Question d'oral

    Faut-il interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans ?

    Réponse d'oral

    Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans peut protéger les jeunes, mais une interdiction générale ne suffit pas à préserver leur santé mentale. À cet âge, le regard des autres compte beaucoup. Les images idéalisées peuvent renforcer la comparaison sociale, tandis que les notifications et le défilement infini encouragent à rester connecté. C’est le principe de l’économie de l’attention : plus une plateforme retient ses utilisateurs, plus elle peut leur montrer de publicités. Par exemple, consulter ses messages au lit peut retarder le sommeil et réduire l’attention en classe le lendemain.
    Il faut pourtant éviter de confondre usage fréquent et addiction. L’OMS a reconnu le trouble du jeu vidéo en 2019, mais pas une « addiction aux réseaux sociaux » comme diagnostic distinct. Les liens entre réseaux sociaux, anxiété et dépression varient selon les usages et les personnes : une fragilité préalable peut aussi conduire à davantage se connecter. Ces espaces permettent également de garder des amis, de créer ou de trouver du soutien. Une limite d’âge peut donc constituer un garde-fou, sans être une frontière magique entre vulnérabilité et maturité.
    La réponse la plus solide associerait une restriction adaptée à l’âge, un accompagnement des familles et une véritable responsabilité des plateformes. Cela implique notamment des comptes privés par défaut, une lutte efficace contre le cyberharcèlement et moins de sollicitations nocturnes. Le contrôle de l’âge doit aussi respecter la vie privée. Au fond, ne faut-il pas autant transformer les réseaux sociaux que chercher à en éloigner les adolescents ?