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    Question d'oral

    L'art doit-il nécessairement plaire ou peut-il déranger ?

    Réponse d'oral

    L’art ne doit pas nécessairement plaire : il peut aussi déranger, parce qu’il ne cherche pas seulement à produire de la beauté, mais aussi à exprimer une expérience ou à remettre en question nos habitudes. Tout dépend de ce que l’on attend de lui. D’ailleurs, il n’existe aucune définition universelle de l’art. Dans l’Antiquité, le latin ars, comme le grec technè, désigne d’abord un savoir-faire. La valeur d’une œuvre tient notamment à la maîtrise de sa réalisation. Au XVIIIe siècle, les Beaux-Arts sont davantage distingués des productions utiles. Kant analyse ainsi, en 1790, le plaisir esthétique comme un plaisir « désintéressé » : on apprécie une œuvre sans vouloir la posséder ou s’en servir.
    Mais apprécier une œuvre ne signifie pas forcément la trouver agréable. En 1937, Picasso peint Guernica après le bombardement de cette ville espagnole. Les corps déformés, les cris et les contrastes violents ne cherchent pas à rassurer. Ils rendent sensible l’horreur de la guerre. Le choc devient ici un moyen de toucher le spectateur et de le faire réfléchir. Une œuvre peut donc être bouleversante sans être plaisante, et sa force venir précisément de cet inconfort.
    Cela ne veut pas dire que toute provocation constitue une réussite artistique. Déranger n’est ni une obligation ni une garantie de qualité. L’art peut apaiser, émerveiller, inquiéter ou dénoncer : ces effets peuvent même coexister. La question devient alors : attendons-nous de l’art qu’il confirme notre regard sur le monde, ou qu’il nous apprenne à regarder autrement ?