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    Question d'oral

    Comment définir une révolution industrielle sans la réduire à une invention ?

    Réponse d'oral

    Une révolution industrielle se définit comme une transformation profonde et durable des façons de produire, de travailler et d’échanger, et non comme l’apparition d’une invention isolée. Une machine, même géniale, ne suffit pas à changer une société. Il faut qu’elle soit largement utilisée et qu’elle s’insère dans un ensemble : une énergie disponible, de nouvelles méthodes de travail, des financements et des règles favorables à l’investissement. La rupture vient donc de la convergence des innovations, qui se renforcent les unes les autres.
    La première révolution industrielle, amorcée en Grande-Bretagne vers 1760, l’illustre bien. En 1769, James Watt fait breveter un perfectionnement décisif de la machine à vapeur : le condenseur séparé. Mais son importance historique tient à son association avec le charbon, les machines textiles et le développement des usines. La production, auparavant souvent répartie entre des familles travaillant à domicile pour un marchand, se concentre progressivement dans la fabrique. Les ouvriers suivent les horaires et le rythme des machines. Les banques et les investisseurs contribuent à financer les équipements, tandis que les transports élargissent les marchés.
    Il faut donc regarder les effets d’ensemble : hausse de la production, essor du salariat, croissance urbaine et modification des rapports sociaux. Le mot « révolution » désigne l’ampleur du changement, pas nécessairement sa rapidité : l’industrialisation s’étend sur plusieurs décennies et touche inégalement les territoires. De la vapeur à l’intelligence artificielle, la question reste alors ouverte : à quel moment une innovation cesse-t-elle d’être un outil nouveau pour devenir le moteur d’une société nouvelle ?