Retour à la fiche
    Question d'oral

    Pourquoi 1748 (Montesquieu) et 1762 (Rousseau) sont-ils des repères structurants ?

    Réponse d'oral

    1748, avec Montesquieu, et 1762, avec Rousseau, sont des repères structurants de la modernité politique parce qu’ils posent deux questions décisives : comment limiter le pouvoir et qui peut légitimement l’exercer ? Ces deux penseurs des Lumières ne proposent pas le même modèle. Mais ils donnent des outils pour remettre en cause la monarchie absolue et penser un ordre politique qui ne repose plus uniquement sur la tradition.
    En 1748, Montesquieu publie De l’esprit des lois. Il explique que la liberté est menacée lorsqu’une même autorité concentre tous les pouvoirs. La séparation des pouvoirs doit empêcher les abus : faire les lois, les exécuter et juger ne doivent pas dépendre d’une seule volonté. Il ne s’agit pas d’isoler complètement ces fonctions, mais de créer des contrepoids. Cette réflexion inspire notamment la Constitution américaine de 1787, qui organise un équilibre entre le Congrès, le président et les tribunaux.
    En 1762, Rousseau publie Du contrat social. Il déplace la question : un pouvoir n’est légitime que s’il repose sur la souveraineté du peuple. Les citoyens doivent participer à la formation de la volonté générale, tournée vers l’intérêt commun, et obéir à des lois dont ils sont collectivement les auteurs. En 1789, l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen reprend cette formule : « La loi est l’expression de la volonté générale. » Ces deux dates structurent donc les débats révolutionnaires sans expliquer, à elles seules, les révolutions. Reste une question toujours actuelle : comment faire décider le peuple tout en empêchant le pouvoir de devenir oppressif ?