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    Question d'oral

    En quoi Auguste invente-t-il une forme de monarchie “acceptable” ?

    Réponse d'oral

    Auguste invente une forme de monarchie « acceptable » en concentrant le pouvoir entre ses mains tout en conservant les institutions et le langage de la République romaine. À Rome, le titre de roi est détesté : il rappelle les souverains chassés, selon la tradition, en 509 av. J.-C. L’assassinat de César, en 44 av. J.-C., montre aussi les dangers d’un pouvoir personnel trop visible. Auguste évite donc de se proclamer roi. Il se présente comme le princeps, le « premier des citoyens », et prétend restaurer la République plutôt que la supprimer.
    En 27 av. J.-C., il annonce qu’il rend ses pouvoirs au Sénat et au peuple. Pourtant, il conserve le contrôle des principales provinces militaires, notamment celles où stationnent la plupart des légions. Le Sénat, les consuls et les assemblées subsistent, mais leur marge de décision se réduit. En 23 av. J.-C., la puissance tribunicienne lui permet notamment d’intervenir dans la vie politique et de protéger les citoyens. Son commandement supérieur garantit sa prééminence militaire. Cette combinaison fonde le principat : les fonctions restent républicaines, mais leur concentration produit un pouvoir monarchique.
    Ce régime devient acceptable surtout parce qu’il apporte la paix civile, après des décennies de violences. Les élites conservent leurs honneurs et leurs carrières ; la population bénéficie de distributions, de spectacles et de travaux publics. Cette acceptation n’est pourtant ni unanime ni libre de contraintes : elle repose aussi sur l’armée et sur une mise en scène du pouvoir. Auguste pose ainsi une question durable : jusqu’où une société accepte-t-elle le pouvoir personnel lorsqu’il promet l’ordre et la stabilité ?