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    Question d'oral

    La mode est-elle un instrument de domination ou de liberté ?

    Réponse d'oral

    La mode est à la fois un instrument de domination sociale et un espace de liberté individuelle : elle classe les personnes, mais permet aussi de jouer avec son identité. Veblen montre, dans Théorie de la classe de loisir en 1899, que les vêtements coûteux affichent la richesse. C’est la consommation ostentatoire. Une traîne encombrante signale ainsi que celle qui la porte n’a pas besoin de travailler. Bourdieu souligne, lui, que les goûts ne sont pas seulement personnels : ils dépendent du milieu social. La griffe d’un couturier transforme alors un vêtement en signe de prestige, dont la reconnaissance entretient les hiérarchies.
    Mais suivre la mode ne signifie pas seulement obéir. Pour Simmel, en 1904, elle répond à deux désirs contraires : imiter un groupe et s’en distinguer. Porter les mêmes baskets que ses amis permet d’appartenir à leur cercle ; choisir une couleur inattendue permet de se singulariser. Barthes ajoute, dans Système de la mode en 1967, que les magazines donnent aux vêtements un sens : une tenue devient « élégante » ou « audacieuse » grâce aux mots qui la présentent.
    Lipovetsky insiste davantage sur l’autonomie que favorise la multiplication des styles, notamment dans L’Empire de l’éphémère en 1987. Chacun peut composer son apparence plutôt que suivre une tradition unique. Cette liberté reste cependant encadrée par le budget, la publicité et les normes corporelles. La mode libère donc sans abolir les rapports de pouvoir. Reste à se demander si choisir son style suffit à choisir les règles du jeu.