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    Question d'oral

    Eisenstein : que signifie “collision” des plans dans le montage ?

    Réponse d'oral

    Chez Eisenstein, la « collision » des plans dans le montage signifie que le choc entre deux images fait naître une émotion ou une idée nouvelle. Le montage ne sert donc pas seulement à raconter une action de façon continue. Il confronte des plans qui s’opposent par leur contenu, leur lumière, leur mouvement ou leur cadrage. Le spectateur ne reçoit pas simplement deux informations successives : il établit un rapport entre elles. C’est de cette rencontre, parfois brutale, que surgit un sens qu’aucune des deux images ne portait seule.
    Un exemple précis apparaît dans La Grève, réalisé en 1925. Eisenstein alterne des images de la répression des ouvriers avec celles d’un bœuf abattu dans un abattoir. Ces actions ne constituent pas une même scène : leur rapprochement crée une comparaison. Les ouvriers sont massacrés comme du bétail. La collision des plans transforme ainsi une violence montrée en accusation politique. Elle provoque à la fois une réaction physique, le dégoût, et un jugement sur la manière dont les travailleurs sont traités.
    Cette conception distingue Eisenstein d’un montage qui chercherait surtout à rendre les raccords discrets. Chez lui, la rupture peut devenir visible et productive : elle oblige à interpréter. C’est le principe du montage intellectuel, qui utilise les images pour faire penser, sans passer nécessairement par un discours. Mais si l’assemblage des images peut construire une idée aussi fortement, jusqu’où guide-t-il notre regard et notre jugement ?