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    Question d'oral

    Les bidonvilles sont-ils un échec ou une forme de ville ?

    Réponse d'oral

    Les bidonvilles sont à la fois un échec de l’accès au logement et une véritable forme de ville, construite par des habitants auxquels la ville officielle ne fait pas assez de place. Avec l’urbanisation, la population augmente parfois plus vite que les logements abordables, les réseaux d’eau ou les transports. Environ 1,1 milliard de personnes vivent dans des bidonvilles ou des quartiers informels. Leur situation révèle de fortes inégalités : habitat fragile, manque d’assainissement, exposition aux inondations et menace d’expulsion. L’échec n’est donc pas celui des habitants, mais celui d’un développement urbain qui laisse une partie de la population sans protection.
    Pourtant, ces quartiers ne sont pas des espaces sans organisation. On y trouve des commerces, des ateliers, des solidarités et des règles de voisinage. À Dharavi, à Bombay, les activités de recyclage, de poterie et de travail du cuir participent à l’économie de toute la métropole. À Makoko, à Lagos, une partie de l’habitat sur pilotis est liée à la pêche et aux déplacements en pirogue. Ces quartiers fabriquent donc bien de la ville. Mais reconnaître cette capacité d’initiative ne doit pas conduire à idéaliser la pauvreté ni à accepter des conditions de vie dangereuses.
    L’enjeu est alors l’amélioration sur place : sécuriser l’occupation des logements, installer l’eau potable, l’électricité et les égouts, ouvrir des écoles et associer les habitants aux décisions. Détruire sans reloger peut simplement déplacer la précarité, loin des emplois. La ville du XXIe siècle saura-t-elle accueillir ceux qui la construisent autant que ceux qui peuvent la payer ?