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    Question d'oral

    Comment le streetwear est-il passé de la rue au luxe et que signifie cette inversion ?

    Réponse d'oral

    Le streetwear est passé de la rue au luxe grâce au succès mondial du hip-hop, du sport et du skate, puis à leur récupération par les grandes maisons : cette inversion montre que la rue peut désormais imposer ses codes au sommet de la mode. Dès les années 1970 et 1980, baskets, sweats à capuche et vêtements amples expriment des appartenances locales et culturelles, notamment dans les quartiers populaires américains. Ils ne sont pas forcément des slogans politiques, mais rendent visibles des groupes longtemps tenus à distance des institutions prestigieuses. Le vêtement devient ainsi un signe d’identité et parfois de résistance aux normes dominantes.
    Le luxe comprend ensuite que ces styles possèdent une ressource essentielle : la légitimité culturelle auprès des jeunes. En 2017, la collaboration entre Louis Vuitton et Supreme associe une maison française historique à une marque née du skate new-yorkais. En 2018, Virgil Abloh, fondateur d’Off-White, devient directeur artistique des collections homme de Louis Vuitton. Ce passage transforme aussi l’économie du streetwear : séries limitées, files d’attente et revente font d’une paire de baskets un objet de collection. La rareté rapproche alors la culture de rue du fonctionnement traditionnel du luxe.
    Cette inversion reste donc ambiguë. Elle reconnaît la créativité de milieux auparavant marginalisés et renforce leur soft power, leur capacité à influencer les goûts sans contrainte. Mais elle permet aussi aux grandes marques de vendre très cher des codes populaires, parfois en éloignant leurs créateurs et leurs premiers publics. Si la rue inspire le luxe, qui conserve finalement le pouvoir : ceux qui inventent les styles ou ceux qui les commercialisent ?