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Question d'oral
Qu'est-ce que le « syndrome de Vichy » selon Henry Rousso ?
Réponse d'oral
Le « syndrome de Vichy », selon l’historien Henry Rousso, désigne les difficultés de la société française à affronter le souvenir du régime de Vichy et de la collaboration après 1944. Dans son ouvrage Le Syndrome de Vichy, publié en 1987, il étudie moins les événements de l’Occupation que leur place dans la mémoire collective. Le mot « syndrome » évoque un passé qui ne passe pas : silences, conflits et polémiques montrent que ces années continuent de travailler la société.Rousso distingue quatre grandes étapes. De 1944 à 1954, le « deuil inachevé » mêle épuration, procès et volonté de réconciliation. Puis, jusqu’en 1971, domine le refoulement, porté par le résistancialisme : une représentation qui met en avant une France largement résistante et relègue Vichy au second plan. Les mémoires gaulliste et communiste y contribuent, chacune à sa manière. Entre 1971 et 1974, ce récit se fissure. Le film Le Chagrin et la Pitié, diffusé en salles en 1971, montre notamment les accommodements avec l’Occupation. En 1973, l’édition française du livre de Robert Paxton souligne l’initiative propre de Vichy dans la collaboration.À partir du milieu des années 1970 s’ouvre une phase que Rousso appelle l’« obsession ». La mémoire de la Shoah, les témoignages et les procès occupent une place croissante. En 1995, Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l’État français dans la rafle du Vel’ d’Hiv’. L’enjeu dépasse donc le souvenir : comment reconnaître les responsabilités du passé sans réduire l’histoire à un procès permanent ?
