Figures de style et rhétorique

    Notion
    10 min de lectureAntiquité – XXIe siècle (rhétorique et style)

    Pour comprendre les figures de style, imagine que la langue est une boîte à outils. Tu peux dire les choses “au premier degré”… ou tu peux choisir une forme qui fait travailler l’esprit : surprise, image, ironie, emphase.

    La rhétorique, elle, répond à une question très concrète : comment convaincre ? Depuis l’Antiquité (Aristote, Cicéron, Quintilien) jusqu’aux discours politiques, à la publicité et aux réseaux sociaux, on retrouve les mêmes mécanismes : crédibilité de celui qui parle (ethos), émotions (pathos), raisonnement (logos).
    À l’oral, connaître une figure n’est pas suffisant. Ce qui fait la différence, c’est de savoir dire : “quelle figure ? quel effet ? et pourquoi ici ?”

    Ressources

    Résumé vidéo
    Infographie
    Podcast
    0:0011:51
    Présentation

    Définition

    Une figure de style est une manière “marquée” d’exprimer une idée : elle produit un effet de sens, de rythme ou d’image.
    On distingue souvent :
    • Tropes (changement de sens) : métaphore, métonymie, synecdoque, ironie.
    • Figures de construction (ordre des mots) : anaphore, chiasme, parallélisme.
    • Figures d’opposition : antithèse, oxymore.
    • Figures d’intensité : hyperbole, gradation.
    La rhétorique est l’art d’argumenter et de persuader. Un schéma très utile à mémoriser :
    • Ethos : crédibilité, posture du locuteur
    • Pathos : émotions mobilisées
    • Logos : logique, preuves, enchaînements.

    Contexte

    Dans la Grèce antique, la rhétorique naît dans un monde où parler en public est décisif (assemblées, tribunaux). Aristote formalise des outils d’argumentation ; les Romains (Cicéron, Quintilien) en font un art central de la formation.
    Plus tard, la rhétorique irrigue la littérature : elle sert à émouvoir, à peindre, à critiquer, à ironiser. Au XIXe siècle, Pierre Fontanier propose des classifications qui structurent encore l’enseignement des figures.
    Aujourd’hui, la rhétorique est partout : slogans, storytelling, punchlines, débats télévisés. La question n’est plus seulement “savoir parler”, mais aussi savoir lire les discours : repérer les procédés, comprendre les effets, distinguer persuasion et manipulation.

    Mécanismes

    1) Repérer un “écart”
    Une figure apparaît souvent quand la phrase n’est pas totalement “neutre” : image, opposition, répétition, exagération.
    2) Nommer la figure (sans fétichisme)
    Nommer aide à clarifier, mais l’essentiel est l’effet. Un bon commentaire : figure + effet + intention.
    3) Relier la figure à l’argument
    Une antithèse structure un raisonnement ; une hyperbole cherche à frapper ; une litote suggère plus qu’elle ne dit.
    4) Articuler ethos / pathos / logos
    Dans un discours, demande-toi : quelle image du locuteur ? quelle émotion ? quelle preuve ?
    5) Utiliser en production (oral)
    Deux ou trois procédés bien maîtrisés suffisent :
    • antithèse pour structurer
    • anaphore pour rythmer
    • métaphore pour rendre concret.
    Le danger, c’est l’effet “publicité” : trop, et tu perds la confiance.

    Enjeux & débats

    • Persuasion ou manipulation ? La rhétorique est un outil : elle peut éclairer ou tromper.
    • Émotion dans le débat public : le pathos est-il un poison ou une dimension légitime de la politique ?
    • Réseaux sociaux : la “punchline” favorise-t-elle la clarté… ou la simplification ?
    • Éducation : faut-il former davantage à l’analyse rhétorique pour lutter contre la désinformation ?
    • Éthique : comment utiliser des procédés de persuasion sans désinformer (statistiques, cadrage, euphémismes) ?

    Exemples

    • Litote : « Va, je ne te hais point. » (Corneille, Le Cid, 1637) → dire moins pour faire entendre plus.
    • Oxymore : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. » (Corneille, Le Cid, 1637) → choc de deux termes opposés.
    • Métaphore : “La science est une lampe” → image qui rend une idée abstraite concrète.
    • Métonymie : “Lire un Balzac” (l’auteur pour l’œuvre).
    • Anaphore : répétition en tête de phrase pour marteler un point.
    • Antithèse : opposer deux pôles pour structurer : liberté / sécurité, individu / collectif.
    • Hyperbole : exagérer pour frapper (utile, mais à manier avec prudence).
    • Ethos/Pathos/Logos :
    • ethos : “je suis médecin, je vois…”
    • pathos : récit d’un cas concret
    • logos : chiffres, démonstration, comparaison.

    Pièges & confusions

    • Faire une liste de figures sans interprétation : en concours, on veut effet + sens.
    • Confondre métaphore et comparaison (la comparaison a un “comme”).
    • Voir des figures partout : il faut des indices dans le texte.
    • Surjouer la rhétorique à l’oral : trop de procédés tue la crédibilité (ethos).
    • Oublier les preuves (logos) : la forme ne remplace pas le fond.

    Usage concours / oral

    Pour analyser un extrait
    1) repérer 2 procédés (ex. antithèse + anaphore)
    2) expliquer l’effet (rythme, tension, image)
    3) relier à l’intention (convaincre, émouvoir, ironiser).
    Pour construire un oral
    • Ouvre avec une image simple (métaphore contrôlée)
    • Structure avec une opposition (antithèse)
    • Rythme une transition (anaphore légère).
    Sujets typiques
    • « La politique est-elle l’art de convaincre ou de manipuler ? »
    • « L’émotion a-t-elle sa place dans le débat démocratique ? »
    • « Les réseaux sociaux ont-ils transformé la rhétorique ? »

    Sources

    • Rhétorique - Aristote, IVe siècle av. J.-C.
    • Institution oratoire - Quintilien, Ier siècle
    • Les Figures du discours - Pierre Fontanier, 1821–1830
    • Traité de l’argumentation. La nouvelle rhétorique - Chaïm Perelman & Lucie Olbrechts-Tyteca, 1958
    • Définitions (métaphore, métonymie, etc.) - CNRTL (TLFi), consulté 2025

    Questions d'oral

    + 5 autres questions

    Continuez votre exploration