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    Question d'oral

    Flaubert: en quoi le procès de 1857 éclaire-t-il le rapport entre littérature, morale et société ?

    Réponse d'oral

    Le procès de Flaubert en 1857 éclaire le rapport entre littérature, morale et société : il montre qu’une œuvre peut être jugée dangereuse lorsqu’elle représente les comportements sans les condamner explicitement. Poursuivi pour outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs après la publication de Madame Bovary, Flaubert est acquitté le 7 février 1857. Le procureur Ernest Pinard reproche notamment au roman sa peinture de l’adultère et l’absence d’une condamnation morale suffisamment claire. Dans la société du Second Empire, le romancier est donc sommé de répondre des effets supposés de son œuvre sur les lecteurs.
    L’enjeu dépasse pourtant l’histoire d’Emma Bovary. Flaubert refuse de transformer son roman en leçon de bonne conduite. Son style impersonnel laisse apparaître les désirs, les illusions et les contradictions de ses personnages sans intervenir constamment pour les juger. Cela oblige à distinguer l’auteur, le narrateur et le personnage : raconter les rêves adultères d’Emma ne signifie pas les approuver. La défense souligne d’ailleurs que son destin tragique peut servir d’avertissement moral. Mais cette justification laisse entière une question décisive : une œuvre doit-elle punir ses personnages pour être acceptable ?
    Ce procès révèle ainsi une lutte autour de la liberté littéraire. La justice cherche à protéger les normes collectives ; le roman revendique la possibilité d’explorer une réalité dérangeante. L’acquittement, accompagné de reproches judiciaires, reste une victoire limitée. La littérature doit-elle nous rendre plus vertueux, ou nous aider à mieux comprendre ce que nous préférerions ne pas voir ?