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Question d'oral
Utilitarisme (Bentham/Mill) vs Kant : quel exemple concret permet de comparer les deux ?
Réponse d'oral
Un exemple concret permet de comparer l’utilitarisme de Bentham et Mill à la morale de Kant : faut-il mentir à un agresseur qui cherche une personne cachée chez vous ? La situation oppose deux exigences : protéger une vie et respecter le devoir de vérité. Pour les utilitaristes, il faut juger l’action d’après ses conséquences sur le bonheur et la souffrance des personnes concernées. Si mentir permet de sauver la victime sans provoquer un mal plus grand, le mensonge est justifié. Bentham insiste sur le bilan des plaisirs et des peines ; Mill distingue aussi la qualité des plaisirs et souligne l’importance de règles qui favorisent durablement le bien-être collectif.Kant refuse, lui, de faire dépendre la morale de ce calcul. Dans un écrit de 1797 consacré au prétendu droit de mentir par humanité, il défend l’interdiction du mensonge, même face à une intention criminelle. Pourquoi ? Parce qu’une action doit respecter un principe valable pour tous, et non une exception arrangée selon les circonstances. C’est l’exigence de l’impératif catégorique. Cela ne signifie pas qu’il faille aider l’agresseur : refuser de répondre ou chercher du secours reste différent de mentir.La différence essentielle porte donc sur le critère du jugement : les conséquences pour l’utilitarisme, le devoir pour Kant. Le premier risque de sacrifier certains individus au bonheur du plus grand nombre ; le second paraît parfois trop rigide devant l’urgence. Une morale convaincante doit-elle surtout garantir de bons résultats ou poser des limites qu’aucun résultat ne permet de franchir ?
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