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Question d'oral
La Ve République est-elle une monarchie républicaine ?
Réponse d'oral
La Ve République peut être qualifiée de monarchie républicaine, car elle place le président au centre du pouvoir, mais elle reste une démocratie où son autorité est limitée et contestable. Cette formule souligne une tension voulue par Charles de Gaulle : donner à la France un chef fort sans rétablir un roi. En 1958, il veut rompre avec l’instabilité gouvernementale de la IVe République. La Constitution lui permet notamment de nommer le Premier ministre, de dissoudre l’Assemblée nationale et de recourir au référendum. Depuis la réforme de 1962, l’élection présidentielle au suffrage universel direct renforce encore sa légitimité : le président peut affirmer qu’il tient son mandat du peuple entier.L’image monarchique vient aussi de la pratique du pouvoir. De Gaulle incarne personnellement la nation, privilégie les grands discours et établit un rapport direct avec les Français. Aujourd’hui encore, l’Élysée concentre les attentes, les critiques et l’attention médiatique. Le quinquennat, adopté en 2000, puis les élections législatives organisées après la présidentielle favorisent une majorité parlementaire soutenant le chef de l’État. Pourtant, celui-ci n’est ni héréditaire ni tout-puissant. Le Parlement vote les lois, les juges contrôlent le respect du droit et les électeurs peuvent sanctionner le pouvoir. En cohabitation, comme entre Jacques Chirac et Lionel Jospin de 1997 à 2002, le Premier ministre dirige effectivement la politique intérieure.La formule décrit donc surtout une forte présidentialisation, pas la nature juridique du régime. De Gaulle lui-même quitte le pouvoir après son échec au référendum d’avril 1969. Reste à savoir si l’attente d’un président providentiel ne vient pas autant des citoyens que des institutions.
