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    Question d'oral

    Les créateurs de comics ont-ils été spoliés ?

    Réponse d'oral

    Les créateurs de comics ont souvent été spoliés, au sens où ils ont perdu le contrôle de leurs personnages et reçu une faible part des richesses produites par Superman, Marvel ou DC. Mais il faut distinguer l’injustice économique de l’illégalité : beaucoup de contrats cédaient les droits à l’éditeur, ou considéraient la création comme un travail réalisé pour son compte. Le succès mondial des super-héros a rendu ce déséquilibre particulièrement visible.
    L’exemple le plus frappant est celui de Jerry Siegel et Joe Shuster, les créateurs de Superman. En 1938, ils cèdent les droits du personnage pour 130 dollars à l’entreprise qui deviendra DC. Superman devient ensuite une immense source de revenus, tandis que ses créateurs connaissent des difficultés financières. En 1975, après une campagne publique, Warner leur accorde une allocation annuelle à vie et rétablit leur crédit de créateurs. Chez Marvel, Jack Kirby, qui a participé à la création des Quatre Fantastiques, des X-Men et de nombreux autres héros, s’est également battu pour la reconnaissance de son travail et la restitution de ses dessins originaux.
    Il existe cependant d’autres modèles. En 1992, des dessinateurs quittent Marvel pour fonder Image Comics, où les auteurs conservent les droits sur leurs créations : Todd McFarlane y publie notamment Spawn. L’enjeu dépasse donc la célébrité ou la signature : qui possède le personnage, autorise ses adaptations et touche les recettes ? L’empire cinématographique a amplifié une question ancienne : comment rémunérer justement une imagination dont personne ne pouvait prévoir la valeur future ?