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    Question d'oral

    Que s'est-il passé en 2015 et pourquoi la crise des réfugiés a-t-elle divisé l'Europe ?

    Réponse d'oral

    En 2015, la crise des réfugiés a divisé l’Europe parce que l’arrivée massive de personnes fuyant les guerres a révélé des désaccords profonds sur l’accueil, les frontières et la solidarité entre États. Environ 1,3 million de demandes d’asile ont été enregistrées dans l’Union européenne cette année-là. Beaucoup de personnes venaient de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak. Elles traversaient la Méditerranée ou rejoignaient la Grèce, puis empruntaient la route des Balkans. Les naufrages ont rendu cette tragédie particulièrement visible : le 2 septembre 2015, la photographie du petit Alan Kurdi, mort sur une plage turque, a bouleversé l’opinion.
    La division venait d’abord d’un partage inégal des responsabilités. Le règlement de Dublin faisait généralement peser l’examen des demandes sur le premier pays d’entrée, notamment la Grèce et l’Italie. L’Allemagne d’Angela Merkel a choisi une politique d’accueil, symbolisée par son « Wir schaffen das » - « Nous y arriverons » - du 31 août 2015. À l’inverse, la Hongrie de Viktor Orbán a construit une clôture à sa frontière. Certains gouvernements invoquaient leurs capacités d’accueil, la sécurité ou la défense de leur identité nationale. Le projet européen de répartir 160 000 demandeurs d’asile s’est heurté aux refus de plusieurs États.
    Cette crise a donc opposé la solidarité européenne à la volonté de garder le contrôle national des migrations. Des contrôles aux frontières intérieures ont réapparu, fragilisant Schengen. L’accord avec la Turquie du 18 mars 2016 a ensuite cherché à réduire les traversées vers la Grèce. Jusqu’où l’Europe peut-elle protéger ses frontières sans renoncer à la protection des personnes persécutées ?