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    Question d'oral

    La réforme des régions (2016) a-t-elle amélioré l’efficacité publique ? À quel prix ?

    Réponse d'oral

    La réforme des régions de 2016 a amélioré certains aspects de l’efficacité publique, mais ses résultats restent limités, au prix de réorganisations coûteuses et d’un éloignement du pouvoir régional. Entrée en vigueur le 1er janvier 2016, elle a réduit de 22 à 13 le nombre de régions métropolitaines. L’objectif était de créer des régions plus fortes, capables de mieux organiser les transports, de soutenir les entreprises et de peser à l’échelle européenne. Par exemple, le Grand Est réunit désormais l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne : cette nouvelle échelle peut faciliter la coordination des politiques économiques et des liaisons régionales.
    Mais agrandir ne signifie pas automatiquement mieux gérer. Les fusions ont nécessité de rapprocher les services, les logiciels et les règles de fonctionnement. Elles ont aussi entraîné des déplacements supplémentaires et parfois une harmonisation à la hausse des rémunérations. Les économies attendues n’ont donc pas été immédiates ni systématiques. Surtout, la réforme n’a pas supprimé les autres échelons : communes, intercommunalités et départements demeurent. Pour les citoyens, savoir qui fait quoi reste difficile. Les nouvelles compétences économiques des régions viennent aussi de la loi NOTRe de 2015, et pas seulement du redécoupage.
    Le prix est enfin démocratique et territorial. Une capitale régionale plus éloignée peut renforcer le sentiment d’abandon de certains territoires. En Alsace, la contestation du Grand Est a notamment nourri la création, en 2021, de la Collectivité européenne d’Alsace, sans quitter cette région. Le bilan est donc contrasté : davantage de puissance stratégique, mais pas de garantie de proximité ni d’économies. L’efficacité publique dépend-elle surtout de la taille des territoires, ou de la clarté des responsabilités et de la qualité des services ?