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Question d'oral
Faut-il légaliser le cannabis ?
Réponse d'oral
Légaliser le cannabis peut être préférable à l’interdiction, à condition d’encadrer strictement sa production, sa vente et sa consommation pour protéger la santé publique. Il faut distinguer la déviance, qui désigne la transgression d’une norme sociale, de la délinquance, qui correspond à une infraction pénale. Légaliser change donc le statut juridique du cannabis, sans rendre sa consommation anodine ni forcément acceptable pour tous. Au Canada, la légalisation est entrée en vigueur le 17 octobre 2018 : elle permet notamment de réglementer les produits et leur distribution, mais ne supprime pas automatiquement le marché illégal.La sociologie invite aussi à regarder les effets de l’interdiction. Dans Outsiders, publié en 1963, Becker montre que la déviance dépend de l’étiquetage : certains comportements et certains individus sont désignés comme déviants. Goffman explique comment un stigmate peut réduire une personne à une identité discréditée. Une condamnation liée au cannabis peut ainsi compliquer l’accès à l’emploi et renforcer l’exclusion. Avec Foucault, l’analyse de la prison rappelle que punir ne consiste pas seulement à sanctionner : c’est aussi surveiller, classer et discipliner les individus.Cependant, légaliser ne signifie pas supprimer le contrôle social, mais le transformer. L’interdiction de vente aux mineurs, les contrôles de qualité, la prévention et les sanctions contre la conduite sous influence restent nécessaires. Les risques de dépendance et les effets sur la santé mentale, notamment chez les jeunes, doivent être pris au sérieux. Une légalisation encadrée doit donc être évaluée sur ses résultats, et non présentée comme une solution miracle. La vraie question devient alors : quelles règles réduisent le mieux les dommages pour les consommateurs et pour la société ?
