Retour à la fiche
    Question d'oral

    Pourquoi la formule « Le travail n’est pas une marchandise » (OIT, 1944) est-elle centrale pour penser ce droit ?

    Réponse d'oral

    La formule « Le travail n’est pas une marchandise » est centrale pour penser le droit du travail, car elle rappelle que le salarié est une personne à protéger, et non un simple bien à acheter au moindre coût. Affirmée en 1944 dans la Déclaration de Philadelphie de l’Organisation internationale du travail, elle n’interdit pas de rémunérer le travail. Elle signifie que cette rémunération ne donne pas tous les droits sur celui qui travaille. Derrière une activité productive, il y a un corps, une santé, une vie familiale et une dignité.
    Cette idée justifie de limiter la liberté contractuelle. En théorie, employeur et salarié signent librement un contrat. En pratique, leur pouvoir de négociation est souvent très différent : le salarié dépend de son salaire pour vivre. Il travaille aussi dans un lien de subordination : l’employeur donne des ordres, contrôle leur exécution et peut sanctionner les manquements. Le droit impose donc des garanties minimales, notamment en matière de salaire, de sécurité et de repos. Par exemple, les 35 heures constituent la durée légale hebdomadaire, non une durée maximale : leur dépassement déclenche, en principe, le régime des heures supplémentaires.
    Enfin, cette formule éclaire les droits collectifs. Les syndicats, la négociation collective et la grève permettent aux salariés de peser davantage face à l’employeur. Le droit du travail ne supprime donc pas l’échange économique : il l’encadre pour empêcher que la concurrence se fasse au détriment des personnes. Avec les plateformes numériques, une question demeure : comment garantir cette protection lorsque le travailleur est présenté comme indépendant ?