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Question d'oral
L'effet Bilbao est-il un mythe ?
Réponse d'oral
L’effet Bilbao n’est pas un mythe, mais l’idée qu’un bâtiment spectaculaire suffit à transformer une ville en est un. Inauguré en 1997 à Bilbao, le musée Guggenheim de Frank Gehry, avec ses volumes courbes recouverts de titane, a bien attiré des visiteurs du monde entier. Il a donné une nouvelle image à cette ville industrielle du Pays basque espagnol. L’architecture devient ici un événement : on vient autant voir le bâtiment que les œuvres qu’il abrite. C’est un exemple majeur d’architecture-spectacle, où un édifice sert aussi de publicité à une ville.Mais ce succès ne repose pas seulement sur la signature d’un architecte célèbre. Le musée s’inscrit dans une transformation urbaine plus vaste : dépollution, reconversion des terrains industriels, réaménagement des rives et amélioration des transports. Le métro de Bilbao ouvre ainsi dès 1995, avant le Guggenheim. La présence d’une institution culturelle internationale et l’engagement des pouvoirs publics comptent également. Réduire cette réussite à un geste architectural revient donc à confondre la partie la plus visible du changement avec toutes ses causes.Le mythe commence lorsque d’autres villes cherchent à reproduire cette recette en commandant un monument à une star. La starchitecture promet alors de l’attractivité, sans garantir ni fréquentation durable ni bénéfices pour les habitants. Un musée coûte aussi à construire, à entretenir et à faire vivre. Bilbao montre donc une réussite réelle, mais pas une formule magique. Reste à savoir si une architecture réussie doit d’abord faire venir les touristes ou améliorer la vie de ceux qui habitent déjà là.
