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Question d'oral
Faut-il réformer l'Union avant de l'élargir ?
Réponse d'oral
Il faut réformer l’Union européenne avant de l’élargir, ou au moins avancer sur les deux fronts en même temps, pour éviter qu’une Europe plus nombreuse devienne une Europe paralysée. Les élargissements ont permis de réunifier le continent et de consolider des démocraties. En 2004, dix États ont ainsi rejoint l’Union, dont la Pologne et la Hongrie. Mais les intérêts nationaux se multiplient avec les membres. À vingt-sept, l’unanimité permet déjà à un seul gouvernement de bloquer certaines décisions, notamment en politique étrangère. À trente ou davantage, ce risque augmenterait.Réformer suppose d’abord de rendre les décisions plus efficaces, en étendant la majorité qualifiée dans certains domaines, tout en protégeant les petits États. Il faut aussi adapter le budget : l’adhésion de l’Ukraine, grand pays agricole, modifierait fortement le partage des aides agricoles et régionales. Enfin, les critères de Copenhague, fixés en 1993, doivent rester exigeants : démocratie, État de droit et économie viable. Leur respect ne doit pas s’arrêter le jour de l’adhésion. Le Brexit, effectif le 31 janvier 2020, rappelle également que l’appartenance à l’Union n’est jamais politiquement acquise.Cependant, attendre une réforme parfaite serait une manière de repousser indéfiniment les candidats. Pour les Balkans occidentaux, l’Ukraine ou la Moldavie, la perspective européenne représente aussi un choix de sécurité et de stabilité. La meilleure voie serait donc une adhésion progressive, avec des avantages concrets liés aux réformes, sans contourner les conditions d’entrée. La question devient alors : comment accueillir davantage de pays sans affaiblir ce qui les unit ?
