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    Question d'oral

    Automatisation : quelles conditions pour que la productivité profite aussi aux salariés ?

    Réponse d'oral

    Pour que les gains de productivité liés à l’automatisation profitent aussi aux salariés, il faut partager la richesse créée, accompagner les changements de métier et associer les travailleurs aux décisions. Une machine permet parfois de produire davantage en moins de temps. Mais ce progrès ne se transforme pas automatiquement en hausse de salaire : il peut surtout augmenter les profits, faire baisser les prix ou supprimer des postes. Tout dépend donc des choix de l’entreprise et du rapport de force dans la négociation.
    La première condition est un partage des gains de productivité : augmentations salariales, primes collectives ou réduction du temps de travail sans perte de rémunération. Encore faut-il mesurer les gains réels, après le coût des équipements et de leur entretien. La deuxième condition est la formation, organisée avant que les emplois disparaissent, sur le temps de travail et financée par l’employeur. Dans un entrepôt, par exemple, automatiser le déplacement des charges peut réduire les accidents. Former les manutentionnaires à la maintenance ou à la conduite des installations peut aussi ouvrir des perspectives, sans garantir une reconversion pour chacun.
    Enfin, le dialogue social doit porter sur l’organisation concrète du travail : cadences, surveillance, autonomie et reclassements. Un robot qui soulage le dos mais impose un rythme intenable n’améliore pas vraiment la vie professionnelle. Les pouvoirs publics peuvent soutenir la formation et conditionner certaines aides à des engagements sociaux. L’enjeu n’est-il pas finalement de choisir ce que l’on veut faire du temps libéré par les machines ?