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Question d'oral
Utilitarisme : comment juger une action par ses conséquences sans écraser les droits individuels ?
Réponse d'oral
Pour l’utilitarisme, juger une action par ses conséquences sans écraser les droits individuels suppose de compter le bonheur de chacun, mais aussi de protéger chacun contre les sacrifices imposés au nom du bonheur collectif. Chez Bentham et Mill, une action est juste si elle produit le meilleur bilan de bien-être pour toutes les personnes concernées. L’intention ne suffit donc pas : il faut examiner les effets concrets. Mais une difficulté apparaît aussitôt. Peut-on condamner un innocent si cela apaise une foule et évite des violences ? Le bénéfice collectif apparent semble alors entrer en conflit avec la justice.Une première réponse consiste à regarder les conséquences à long terme. Condamner un innocent détruit la confiance dans les tribunaux et menace la sécurité de tous. L’utilitarisme de la règle propose ainsi de suivre les règles dont le respect général produit les meilleurs effets, plutôt que de recalculer l’intérêt collectif à chaque décision. Protéger la liberté d’expression ou interdire la torture devient essentiel. Dans De la liberté, publié en 1859, Mill défend une limite forte au pouvoir collectif : contraindre une personne exige de prévenir un tort causé à autrui, et non simplement de vouloir son bien.Cette réponse reste toutefois fragile : si les droits reposent uniquement sur leur utilité, un calcul exceptionnel pourrait encore justifier leur violation. Pour garantir des droits fondamentaux, il faut donc soit limiter le calcul utilitariste par des principes indépendants, soit reconnaître sa portée limitée. La question devient alors : existe-t-il des choses qu’une société ne doit jamais faire, même pour augmenter le bonheur total ?
Autres questions
1.Éthique : quelle différence entre “être moral” et “justifier moralement” ?2.Vertu (Aristote) : en quoi la morale peut-elle être une formation du caractère ?3.Kant : comment expliquer simplement l’impératif catégorique et l’idée d’universalisation ?5.Mill (1859) : quand peut-on limiter une liberté ? Donnez un exemple actuel.
