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Question d'oral
Mill (1859) : quand peut-on limiter une liberté ? Donnez un exemple actuel.
Réponse d'oral
Pour Mill, en 1859, on peut limiter une liberté lorsqu’elle risque de causer un tort à autrui, mais pas simplement pour protéger une personne contre elle-même. Dans De la liberté, il défend ce qu’on appelle le principe de non-nuisance : chacun doit pouvoir choisir sa manière de vivre, même si les autres la trouvent imprudente ou choquante. Le pouvoir politique ne doit donc pas imposer une conception unique du bonheur. Il peut conseiller, informer, convaincre ; contraindre demande une justification plus forte. La simple désapprobation morale ne suffit pas.Un exemple actuel est l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés, comme les restaurants et les bureaux. En France, cette interdiction s’applique aux restaurants depuis le 1er janvier 2008. Elle limite bien la liberté des fumeurs, mais elle protège les autres contre le tabagisme passif, notamment les salariés qui ne peuvent pas éviter cette exposition. Dans une perspective inspirée de Mill, la justification décisive n’est donc pas : « Fumer est mauvais pour vous », mais : « Votre fumée peut nuire à la santé des autres ».Ce principe oblige toutefois à examiner chaque restriction : le dommage est-il réel et suffisamment établi ? La mesure est-elle proportionnée, ou pourrait-on protéger les autres en limitant moins la liberté ? Mill ne donne pas un permis général d’interdire dès qu’un risque apparaît. Reste alors une question très actuelle : jusqu’où nos choix personnels peuvent-ils être considérés comme ne concernant que nous ?
Autres questions
1.Éthique : quelle différence entre “être moral” et “justifier moralement” ?2.Vertu (Aristote) : en quoi la morale peut-elle être une formation du caractère ?3.Kant : comment expliquer simplement l’impératif catégorique et l’idée d’universalisation ?4.Utilitarisme : comment juger une action par ses conséquences sans écraser les droits individuels ?
