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    Question d'oral

    Qu'a révélé le Rana Plaza et qu'a-t-il changé ?

    Réponse d'oral

    Le Rana Plaza a révélé le coût humain de la fast fashion et a renforcé les exigences de sécurité et de responsabilité des marques, sans mettre fin aux abus. Le 24 avril 2013, cet immeuble abritant plusieurs ateliers textiles s’effondre à Savar, près de Dacca, au Bangladesh : plus de 1 100 personnes meurent et plus de 2 500 sont blessées. Des fissures avaient été repérées la veille, mais des salariés avaient été contraints de reprendre le travail. La catastrophe montre ce que peuvent cacher les vêtements à bas prix : des bâtiments dangereux, des salaires très faibles et des ouvriers qui n’ont pas réellement le pouvoir de refuser le risque.
    Le drame a entraîné des changements concrets. En mai 2013, un accord contraignant sur la sécurité des bâtiments et la prévention des incendies au Bangladesh est signé entre syndicats et grandes enseignes, dont H&M et Inditex, propriétaire de Zara. Il permet des inspections indépendantes et impose des travaux correctifs. Un fonds d’indemnisation des victimes est également constitué. En France, la catastrophe contribue à la mobilisation qui aboutit à la loi de 2017 sur le devoir de vigilance : les grandes entreprises concernées doivent prévenir les atteintes graves aux droits humains et à l’environnement dans leurs activités et leurs chaînes de sous-traitance.
    Mais sécuriser les usines ne garantit ni un salaire décent ni la liberté syndicale. L’essor de l’ultra fast fashion, incarnée par Shein, renouvelle la pression sur les prix et les délais. Le Rana Plaza laisse donc une question ouverte : un vêtement peut-il être vraiment bon marché si d’autres en paient le prix humain ?