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    Question d'oral

    Le G7 a-t-il encore un sens dans un monde multipolaire ?

    Réponse d'oral

    Le G7 a encore un sens dans un monde multipolaire, mais comme club de coordination, et non comme directoire de la planète. Né à Rambouillet en 1975, à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing, il réunissait alors six grandes puissances industrielles, avant l’arrivée du Canada en 1976. Son intérêt reste simple : permettre à des dirigeants partageant des orientations proches de réagir rapidement. Sans traité fondateur ni pouvoir contraignant, il fonctionne par engagements politiques. Par exemple, au sommet d’Hiroshima en mai 2023, les dirigeants ont coordonné leur soutien à l’Ukraine, en présence de Volodymyr Zelensky. Cette proximité facilite l’action, même si les désaccords transatlantiques peuvent la fragiliser.
    Mais son principal problème est sa représentativité. Les sept pays rassemblent environ un dixième de la population mondiale. Ni la Chine, ni l’Inde, ni aucun État africain n’en sont membres. Le G7 ne peut donc pas décider seul de questions qui concernent tous les continents. Le G20, qui accueille aussi les grandes puissances émergentes et, depuis 2023, l’Union africaine, offre un cadre plus large. Les BRICS expriment, eux, la volonté de plusieurs pays de peser davantage face aux puissances occidentales, sans former pour autant un bloc parfaitement uni.
    Le G7 demeure donc utile s’il accepte une influence sans monopole. Il peut lancer des initiatives, mobiliser des financements et préparer des compromis, mais leur portée dépend ensuite d’autres États et institutions. Sa crédibilité repose aussi sur le respect de ses promesses, notamment climatiques. Dans un monde multipolaire, la vraie puissance ne consiste-t-elle pas moins à décider entre proches qu’à convaincre au-delà de son cercle ?