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    Question d'oral

    Mutation et sélection : qui “crée” la nouveauté, qui “trie” ?

    Réponse d'oral

    La mutation crée de nouvelles variantes génétiques, tandis que la sélection naturelle trie ces variantes selon leurs effets sur la survie et la reproduction dans un environnement donné. Une mutation est une modification de l’ADN. Elle peut produire un nouvel allèle, c’est-à-dire une version différente d’un même gène. Elle ne survient pas parce qu’un organisme en aurait besoin : les mutations apparaissent sans viser une adaptation future. Beaucoup sont sans effet notable, certaines sont défavorables et d’autres deviennent avantageuses dans des conditions précises. Pour contribuer à l’évolution d’une population, elles doivent être transmissibles aux descendants.
    La résistance des bactéries aux antibiotiques permet de comprendre cette distinction. Dans une population bactérienne, une mutation peut rendre une bactérie résistante avant même l’administration du médicament. Quand l’antibiotique arrive, les bactéries sensibles sont éliminées ou se multiplient moins. Les résistantes laissent alors davantage de descendants : leur variante génétique devient plus fréquente. Le médicament n’a donc pas fabriqué une solution adaptée ; il a modifié les conditions du tri. C’est pourquoi un même caractère peut être avantageux dans un milieu et coûteux dans un autre.
    Il faut cependant nuancer cette image : la reproduction sexuée crée aussi des combinaisons inédites de variantes déjà présentes. Et la sélection ne décide pas de tout. Le hasard, appelé dérive génétique, peut également modifier la fréquence des allèles, surtout dans les petites populations. L’évolution ne suit donc ni un programme ni une marche vers la perfection. Ce qui réussit aujourd’hui sera-t-il encore un avantage dans le monde de demain ?