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    Question d'oral

    Pourquoi l’abolition de la peine de mort en 1981 est-elle un repère majeur pour penser la justice et la dignité ?

    Réponse d'oral

    L’abolition de la peine de mort en 1981 est un repère majeur pour penser la justice et la dignité humaine, car elle affirme que l’État doit punir sans supprimer la vie du condamné. Portée par le garde des Sceaux Robert Badinter, sous la présidence de François Mitterrand, la loi du 9 octobre 1981 marque une rupture : même coupable d’un crime atroce, une personne conserve des droits fondamentaux. La gravité de ses actes ne lui retire pas son humanité. Cette décision est d’autant plus forte qu’une majorité de Français reste alors favorable à la peine capitale.
    L’abolition oblige aussi à distinguer la justice de la vengeance. Juger, ce n’est pas reproduire la violence du crime : c’est établir une responsabilité et prononcer une peine selon des règles communes. Surtout, l’erreur judiciaire reste possible, tandis qu’une exécution est irréversible. En 1977, Badinter avait ainsi obtenu que Patrick Henry, jugé pour l’enlèvement et le meurtre d’un enfant, soit condamné à la réclusion criminelle à perpétuité plutôt qu’à mort. Défendre sa vie ne signifiait ni excuser son crime ni oublier la victime.
    Enfin, ce tournant rappelle que la démocratie ne se réduit pas à suivre l’opinion majoritaire : elle protège aussi des principes qui limitent le pouvoir de l’État. Depuis 2007, l’interdiction de la peine de mort figure dans la Constitution française. Mais la dignité ne concerne pas seulement l’exécution : elle invite aussi à demander comment punir, protéger la société et traiter humainement les personnes détenues.