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    Question d'oral

    Pliny l’Ancien critique le luxe : que révèle cette critique sur l’économie et la morale romaines ?

    Réponse d'oral

    La critique du luxe par Pline l’Ancien révèle une économie romaine ouverte aux échanges lointains, mais aussi une morale qui voit dans les dépenses excessives une menace pour la société. Au Ier siècle après J.-C., Rome importe de la soie, des épices, des parfums et des pierres précieuses. Ces produits arrivent notamment d’Inde, d’Arabie et de Chine, grâce à plusieurs intermédiaires. Les routes terrestres et maritimes permettent ainsi aux élites romaines d’afficher leur richesse avec des biens venus de très loin.
    Dans son Histoire naturelle, Pline estime que l’Inde, la Chine et l’Arabie absorbent chaque année au moins 100 millions de sesterces provenant de l’Empire. Ce chiffre exprime surtout son inquiétude : Rome dépenserait une fortune pour satisfaire ses désirs. Il témoigne néanmoins de l’importance du commerce oriental, facilité notamment par les vents de mousson dans l’océan Indien. Il faut rester prudent : cette estimation n’est pas une comptabilité complète des échanges, et elle ne prouve pas que le luxe ruinait l’Empire.
    La critique est donc autant morale qu’économique. Pline oppose le luxe à l’idéal de sobriété romaine, associé aux ancêtres, au travail et à la discipline. Derrière les bijoux ou les vêtements précieux, il dénonce la recherche du prestige et les désirs sans limite. Son discours vise particulièrement les dépenses féminines, ce qui révèle aussi les préjugés de son époque. Rome apparaît ainsi partagée entre la fascination pour les produits étrangers et la peur de perdre ses valeurs : cette tension n’accompagne-t-elle pas encore nos propres habitudes de consommation ?