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    Question d'oral

    Peut-on parler d’un héritage grec “direct” dans nos démocraties contemporaines, ou s’agit-il d’une reconstruction ?

    Réponse d'oral

    L’héritage grec dans nos démocraties contemporaines n’est pas « direct » : il s’agit surtout d’une reconstruction, fondée sur des emprunts réels, mais transformés au fil des siècles. Athènes nous a transmis le mot « démocratie » et une idée décisive : les citoyens peuvent délibérer ensemble et décider des affaires communes. Mais la Grèce antique ne se réduit pas à Athènes. Sparte, par exemple, possède un système politique très différent, dominé par une minorité de citoyens guerriers. Il n’existe donc pas un modèle grec unique dont nous serions les descendants.
    La démocratie athénienne du Ve siècle av. J.-C. reste d’ailleurs éloignée de nos institutions. À l’Ecclésia, les citoyens votent eux-mêmes les décisions, sans élire des députés pour les représenter. Beaucoup de fonctions sont attribuées par tirage au sort. Pourtant, les femmes, les esclaves et les étrangers résidents sont exclus de la citoyenneté. Cette participation repose donc sur une forte exclusion. Et Athènes peut défendre la liberté de ses citoyens tout en imposant sa domination aux cités de la Ligue de Délos, fondée en 478 av. J.-C.
    Nos démocraties résultent plutôt de plusieurs héritages : traditions parlementaires, Lumières, révolutions et luttes pour élargir le suffrage. Les révolutionnaires français de 1789 relisent l’Antiquité, mais ils ne la reproduisent pas. La représentation politique et l’égalité des droits redéfinissent profondément l’idéal démocratique. La Grèce constitue ainsi un répertoire d’expériences et de questions, non un plan prêt à appliquer. Reste à savoir si cet héritage nous sert surtout à célébrer la démocratie ou à en interroger les limites.