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    Question d'oral

    Pourquoi date-t-on souvent la guerre froide de 1947 à 1991 : que gagne-t-on (et que perd-on) avec ces bornes ?

    Réponse d'oral

    On date souvent la guerre froide de 1947 à 1991 parce que ces bornes marquent la rupture affichée entre les États-Unis et l’Union soviétique, puis la disparition de cette dernière. En 1947, la doctrine Truman promet de soutenir les peuples menacés par le communisme. Le plan Marshall propose une aide américaine à la reconstruction européenne. En réponse, la doctrine Jdanov présente un monde divisé en deux camps ennemis. La rivalité devient une ligne politique assumée. En décembre 1991, la dissolution de l’URSS supprime l’un des deux pôles qui organisaient l’ordre mondial.
    Ces dates donnent donc un cadre clair pour comprendre la bipolarité : deux superpuissances, des alliances concurrentes et une compétition mondiale. Elles permettent de distinguer la guerre froide de la Seconde Guerre mondiale et de la période de domination américaine qui suit. Mais elles simplifient une évolution progressive. Les tensions existent avant 1947, notamment autour du contrôle de l’Europe orientale après 1945. Et le bloc soviétique se défait avant 1991 : la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, symbolise déjà l’effondrement de la division européenne.
    On perd aussi de vue les rythmes régionaux et l’autonomie des autres acteurs. La rupture sino-soviétique montre que le camp communiste n’est pas uni. Les pays non alignés cherchent, eux, à échapper au choix entre Washington et Moscou. Enfin, 1991 n’efface ni les armes nucléaires ni les conflits hérités de cette période, comme la division coréenne. Ces bornes sont donc des repères utiles, pas des frontières étanches : un ordre mondial disparaît-il vraiment le jour où l’un de ses principaux acteurs s’effondre ?